Le risque de mort subite par syncope d'origine cardiaque

Une bonne raison d'envisager la pose d'un pacemaker

Toute pause de l'activité du coeur supérieure à 3 ou 4 secondes peut provoquer une perte de connaissance par insuffisance de circulation du sang dans le cerveau (syncope). Les conséquences de cette " hypoperfusion cérébrale " peuvent être variables, en fonction de la durée de l'interruption de l'activité du coeur. Si elle se prolonge, la mort subite en est le risque majeur.

Les indications de mise en place d'un stimulateur cardiaque sont: les syncopes, ou certains équivalents syncopaux dits " lipothymies " se traduisant par un flou, un brouillard visuel, une sensation vertigineuse importante, une impression de perte de connaissance imminente, de malaise intense

Ces troubles syncopaux ou équivalents surviennent à l'emporte pièce sans phénomène prémonitoire, à n'importe quel moment, sans aucun lien avec l'effort. Ils peuvent entraîner des chutes et blessures, ou un accident lorsqu'ils surviennent au volant. Ils sont habituellement de durée brève (de quelques secondes) et la reprise de conscience survient le plus souvent spontanément ou après quelques manœuvres de réanimation (type secourisme avec massage thoracique, ou simple coup de poing sur la poitrine) sans aucun trouble autre qu'un trou noir de quelques instants.

Il n'y a habituellement pas de mouvement de convulsion des membres, ni aucune perte d'urines comme dans une crise d'épilepsie, sauf si la perte de connaissance est un tant soit peu prolongée, durant plus d'une dizaine de secondes, mais lorsque la conscience revient, on observe habituellement aucune obnubilation.

Le problème d'une origine cardiaque par trouble de conduction doit être évoqué devant tout accident syncopal à l'emporte pièce, toute lipothymie ou sensation vertigineuse, toute chute mal expliquée du sujet d'un certain âge.

Comment en faire la preuve ?

Les données recueillies par l'interrogatoire du patient sont capitales: pertes de connaissance brèves sans phénomène annonciateur, pâleur au décours sont souvent décrites par son entourage.

À distance de l'accident, l'examen est le plus souvent normal et la preuve du trouble de conduction doit être faite par :

· de nombreux enregistrements électrocardiographiques, en n'hésitent pas à refaire plusieurs enregistrements ponctuels,

· l'enregistrement d'un électrocardiogramme de longue durée ou " boiter " de 24 heures, ou mieux 48 heures.

· des explorations plus fines électrophysiologiques complexes nécessitant une hospitalisation en milieu cardiologique.

Une fois la preuve faite du trouble de conduction, l'indication de la mise en place du stimulateur doit être posée sans attendre.